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Thème 2 — La régulation de l'activité économique

Sommaire

Thème 2 du programme CEJM. Quand et comment la puissance publique corrige le marché, par l'économie et par le droit.

1. Pourquoi l'État intervient

L'intervention se justifie par les défaillances du marché vues au thème 1. L'économiste Richard Musgrave distingue trois fonctions :

FonctionObjectifExemple
AllocationProduire ce que le marché ne produit pasInfrastructures, recherche, cybersécurité nationale
RedistributionRéduire les inégalitésImpôt progressif, prestations sociales
StabilisationLimiter les fluctuations économiquesPlans de relance, chômage partiel

Deux courants s'opposent sur l'ampleur souhaitable de cette intervention : les libéraux, pour qui le marché s'autorégule et l'État doit se limiter à ses fonctions régaliennes ; les keynésiens, pour qui l'État doit soutenir la demande quand elle est insuffisante. En pratique, les politiques menées empruntent aux deux.

2. Les politiques économiques

ConjoncturelleStructurelle
HorizonCourt termeLong terme
ButAgir sur l'activité immédiateModifier les structures de l'économie
ExemplesRelance, rigueur, baisse des tauxFormation, recherche, transition numérique et écologique

Politique budgétaire — l'État

Elle joue sur les dépenses publiques et les prélèvements obligatoires.

Politique monétaire — la BCE

La Banque centrale européenne fixe les taux directeurs pour un objectif d'inflation de 2 % à moyen terme.

Point d'articulation à connaître : depuis l'euro, la politique monétaire est transférée à la BCE, alors que la politique budgétaire reste nationale, encadrée par les règles européennes. Un État membre ne dispose donc plus que d'un des deux leviers.

3. Objectifs et contraintes

Le carré magique de Kaldor représente les quatre objectifs d'une politique économique :

ObjectifIndicateur
CroissanceTaux de croissance du PIB
Plein emploiTaux de chômage
Stabilité des prixTaux d'inflation
Équilibre extérieurSolde de la balance commerciale

On l'appelle « magique » parce que les quatre objectifs sont partiellement contradictoires : une relance améliore l'emploi mais alimente l'inflation et les importations. Aucun gouvernement ne les atteint tous simultanément — d'où des arbitrages politiques.

4. La régulation par le droit

Les normes juridiques s'organisent en pyramide : une norme inférieure doit respecter les normes supérieures.

RangBlocContenu
1ConstitutionnalitéConstitution, Déclaration de 1789, préambule de 1946
2ConventionnalitéTraités internationaux, droit de l'Union européenne
3LégalitéLois votées par le Parlement, ordonnances
4RéglementaireDécrets, arrêtés
5ContractuelConventions collectives, contrats

Distinction essentielle en droit de l'UE :

5. Les autorités de régulation

Des autorités administratives indépendantes régulent des secteurs spécifiques : elles contrôlent, recommandent et sanctionnent, sans dépendre du gouvernement.

AutoritéDomaine
Autorité de la concurrenceEntentes, abus de position dominante, concentrations
CNILProtection des données personnelles
ARCEPTélécommunications, postes, distribution de la presse
ANSSISécurité des systèmes d'information de l'État et des opérateurs critiques
AMFMarchés financiers

Voir la fiche Acteurs institutionnels du B3 pour le détail de la CNIL et de l'ANSSI.

6. Le droit de la concurrence

PratiqueDéfinitionSanction
EntenteAccord entre concurrents sur les prix, les marchés ou les quantitésJusqu'à 10 % du CA mondial
Abus de position dominanteExploitation abusive d'une position forte : prix prédateurs, ventes liées, refus d'accèsIdem
ConcentrationFusion ou acquisition modifiant la structure du marchéSoumise à autorisation préalable

Nuance systématiquement attendue : être en position dominante n'est pas illicite. C'est l'abus de cette position qui l'est. Une entreprise peut légitimement dominer un marché grâce à la qualité de son produit ; elle ne peut pas s'en servir pour évincer ses concurrents.

Au niveau européen, le DMA (Digital Markets Act) et le DSA (Digital Services Act) encadrent depuis 2023 les grandes plateformes numériques : interdiction de favoriser ses propres services, interopérabilité imposée, obligations de modération et de transparence.

À retenir