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Éléments de la théorie des ensembles

Sommaire

Module 5 de l'unité U21. Le langage ensembliste structure les bases de données, les types de données et les raisonnements de dénombrement.

1. Vocabulaire de base

Ensemble = collection d'objets appelés éléments. Deux descriptions possibles :

NotationSignification
x ∈ Ax appartient à A
x ∉ Ax n'appartient pas à A
A ⊂ BA est inclus dans B : tout élément de A est dans B
∅Ensemble vide, sans aucun élément
℘(A)Ensemble des parties de A

Ne pas confondre appartenance et inclusion : 1 ∈ {1, 2} mais {1} ⊂ {1, 2}. L'ensemble vide est inclus dans tout ensemble.

Ensembles de nombres usuels : ℕ (entiers naturels) ⊂ ℤ (entiers relatifs) ⊂ ℚ (rationnels) ⊂ ℝ (réels).

2. Opérations sur les ensembles

OpérationNotationDéfinition
UnionA ∪ Béléments de A ou de B
IntersectionA ∩ Béléments de A et de B
DifférenceA \ Béléments de A qui ne sont pas dans B
ComplémentaireĀ ou E \ Aéléments de l'ensemble de référence E hors de A
Différence symétriqueA Δ Béléments de A ou de B mais pas des deux

Avec A = {1, 2, 3, 4} et B = {3, 4, 5} :

OpérationRésultat
A ∪ B{1, 2, 3, 4, 5}
A ∩ B{3, 4}
A \ B{1, 2}
A Δ B{1, 2, 5}

Deux ensembles sont disjoints si A ∩ B = ∅.

3. Propriétés

Les opérations ensemblistes reflètent exactement les connecteurs logiques : ∪ correspond au ∨, ∩ au ∧, le complémentaire à la négation. Toutes les lois de la logique se transposent.

PropriétéÉnoncé
CommutativitéA ∪ B = B ∪ A
Associativité(A ∪ B) ∪ C = A ∪ (B ∪ C)
DistributivitéA ∩ (B ∪ C) = (A ∩ B) ∪ (A ∩ C)
De MorganA ∪ B = A ∩ B

4. Produit cartésien

A × B est l'ensemble des couples ordonnés (a, b) avec a ∈ A et b ∈ B.

A = {1, 2}   B = {x, y}

A × B = { (1,x), (1,y), (2,x), (2,y) }        card = 2 × 2 = 4

L'ordre compte : (1, x) ≠ (x, 1), donc A × B ≠ B × A en général.

C'est la notion qui fonde le modèle relationnel : une relation (une table) est un sous-ensemble d'un produit cartésien de domaines. Et la jointure croisée CROSS JOIN en SQL calcule littéralement le produit cartésien de deux tables — d'où l'explosion du nombre de lignes quand on oublie la condition de jointure.

5. Cardinal et dénombrement

Le cardinal card(A) est le nombre d'éléments d'un ensemble fini.

Principe d'inclusion-exclusion

card(A ∪ B) = card(A) + card(B) − card(A ∩ B)

On retranche l'intersection parce qu'elle a été comptée deux fois. Exemple : sur 30 étudiants, 18 suivent l'option réseau, 15 l'option développement et 8 les deux. Combien en suivent au moins une ? 18 + 15 − 8 = 25. Donc 5 n'en suivent aucune.

Formules de dénombrement

SituationFormuleExemple
Parties d'un ensemble à n éléments2n3 éléments → 8 parties
p-listes (avec répétition, ordonnées)npMot de passe de 4 chiffres : 104 = 10 000
Arrangements (sans répétition, ordonnés)n! / (n − p)!Podium de 3 parmi 8 : 336
Permutationsn!Ordonner 5 fichiers : 120
Combinaisons (sans répétition, non ordonnées)C(n, p) = n! / (p! (n − p)!)Choisir 3 serveurs parmi 8 : 56

La question à se poser pour choisir la formule : l'ordre compte-t-il ? et peut-on répéter ? Un code PIN est une liste (ordre + répétition), une équipe est une combinaison (ni l'un ni l'autre).

Application sécurité : un mot de passe de 8 caractères pris parmi 26 minuscules offre 268 ≈ 2 × 1011 possibilités ; en ajoutant majuscules, chiffres et symboles (94 caractères), on passe à 948 ≈ 6 × 1015. C'est ce calcul qui justifie les politiques de complexité.

6. Applications

À retenir