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Ensembles, applications et relations

Sommaire

Éléments de la théorie des ensembles : cardinal et produit cartésien, applications (image, image réciproque, injection, surjection, bijection, composition), puis relations binaires, d'équivalence et d'ordre, avec l'écriture formelle à savoir justifier.

1. Cardinal d'un ensemble fini

Le cardinal d'un ensemble fini E, noté Card E ou |E|, est son nombre d'éléments.

Pour deux parties A et B de E : Card(A ∪ B) = Card A + Card B − Card(A ∩ B). On retire l'intersection car ses éléments ont été comptés deux fois.

Exemple : 18 élèves font du sport, 12 de la musique, 5 les deux. Card(S ∪ M) = 18 + 12 − 5 = 25 élèves font au moins une des deux activités.

2. Produit cartésien

Le produit cartésien E1 × E2 est l'ensemble de tous les couples (x1 ; x2) avec x1 ∈ E1 et x2 ∈ E2 :

E1 × E2 = { (x1 ; x2) | (x1 ∈ E1) ∧ (x2 ∈ E2) }

Exemple du menu de la cantine : 5 entrées, 2 plats, 2 garnitures, 3 fromages, 6 desserts. Un menu est un élément de E × P × G × F × D, donc il y a 5 × 2 × 2 × 3 × 6 = 360 menus possibles.

3. Les symboles à savoir lire et écrire

SymboleSe lit
x ∈ Ex appartient à E
A ⊂ EA est inclus dans E
∀quel que soit, pour tout
∃il existe (au moins un)
∃!il existe un unique
⇒implique (si… alors)
⇔équivaut à (si et seulement si)
∧ / ∨et / ou
¬non (la négation)
∩ / ∪intersection / union
g ∘ fg rond f (la composée)
« ; » ou « tq »tel que

Nier une phrase : ∀ devient ∃, ∃ devient ∀, et la propriété finale est niée. La négation de « tous les éléments de F ont un antécédent » est « il existe un élément de F qui n'a pas d'antécédent ».

4. Application d'un ensemble dans un autre

Une application f d'un ensemble E dans un ensemble F associe à tout élément de E un et un seul élément de F, appelé son image. On note f : E → F, x ↦ y = f(x).

Exemple du cours : f associe à chaque fichier son dossier d'origine. Un dossier vide n'a aucun antécédent, un dossier qui contient un fichier en a un, un dossier qui en contient deux en a deux.

5. Image directe et image réciproque

Soit f : E → F, A ⊂ E et B ⊂ F.

Propriétés, pour A, B ∈ P(E) puis A, B ∈ P(F) :

La notation f⁻¹(B) existe pour toute application, même non bijective, et peut être vide. Pourquoi seulement une inclusion pour f(A ∩ B) ? Deux éléments différents, l'un dans A seul et l'autre dans B seul, peuvent avoir la même image : elle est dans f(A) ∩ f(B) sans être dans f(A ∩ B).

6. Injection

f : E → F est injective si deux éléments différents de E ont toujours deux images différentes :

∀x, x′ ∈ E ; x ≠ x′ ⇒ f(x) ≠ f(x′)  (ou, ce qui revient au même : f(x) = f(x′) ⇒ x = x′)

Exemple : le numéro de carte attribué à chaque élève du lycée. Deux élèves ne peuvent pas avoir le même numéro : l'application est injective.

7. Surjection

f : E → F est surjective si tous les éléments de F possèdent un antécédent :

∀y ∈ F ; ∃x ∈ E tq f(x) = y

Exemple : fichiers → dossiers, quand aucun dossier n'est vide. Chaque dossier contient au moins un fichier, donc a au moins un antécédent.

8. Bijection

f : E → F est bijective si elle est à la fois injective et surjective : tous les éléments de F ont un unique antécédent.

∀y ∈ F ; ∃! x ∈ E tq f(x) = y

Exemple : un site de vente donne un identifiant à chaque client. Deux clients ne peuvent pas avoir le même (injective) et chaque identifiant correspond à un client de la base (surjective) : c'est une bijection.

PropriétéAntécédents de chaque y de F
Injectiveau plus un (Card f⁻¹(y) ≤ 1)
Surjectiveau moins un (Card f⁻¹(y) ≥ 1)
Bijectiveexactement un (Card f⁻¹(y) = 1)

9. Composition d'applications

La composée de f : E → F et de g : F → G est l'application g ∘ f de E dans G définie par (g ∘ f)(x) = g(f(x)) : on applique d'abord f, puis g.

Exemple : f associe à un élève sa date de naissance, g extrait l'année d'une date. g ∘ f associe directement à chaque élève son année de naissance.

10. Relations binaires : les cinq propriétés

Une relation binaire R relie deux éléments d'un même ensemble E non vide. On écrit xRy quand x est en relation avec y. Exemples dans ℕ : « est plus petit que », « est un diviseur de ».

Antisymétrique ne veut pas dire « pas symétrique » : c'est une propriété à part entière. Une relation peut n'être ni l'une ni l'autre.

11. Justifier une propriété : la rédaction attendue

Exemple : la relation ≤ sur ℕ

Exemple : « est né la même année que » (élèves d'une classe) : réflexive, symétrique et transitive. Elle n'est pas antisymétrique (deux élèves différents peuvent être nés la même année) et pas totale : deux élèves nés des années différentes ne sont en relation dans aucun sens.

Exemple : « est strictement plus jeune que » : pas réflexive (personne n'est strictement plus jeune que soi-même), pas symétrique, transitive, et antisymétrique car on ne peut jamais avoir xRy et yRx en même temps.

Exemple : « a un facteur commun avec » (sur les entiers à partir de 2) : réflexive et symétrique, mais pas transitive. 2 et 6 ont 2 en commun, 6 et 3 ont 3 en commun, mais 2 et 3 n'ont aucun facteur commun.

12. Relations d'équivalence

Une relation R est une relation d'équivalence si elle est réflexive, symétrique et transitive.

Exemple : « est né la même année que ». La classe d'un élève regroupe tous les élèves nés la même année que lui ; il y a autant de classes que d'années de naissance différentes dans la classe.

13. Relations d'ordre

Une relation R est une relation d'ordre si elle est réflexive, antisymétrique et transitive.

Équivalence et ordre ont en commun réflexive et transitive. Ce qui les distingue : symétrique pour l'équivalence, antisymétrique pour l'ordre.

À retenir