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PRA, PCA et sauvegardes

Sommaire

Bloc B3.4 — protéger et archiver les données, organiser le plan de secours, assurer la traçabilité et la résilience face au ransomware.

1. PCA, PRA, RTO, RPO

TermeDéfinition
PCA — Plan de continuité d'activitéDispositif visant à maintenir l'activité pendant l'incident, sans interruption perceptible (redondance, site secondaire actif).
PRA — Plan de reprise d'activitéProcédure pour redémarrer le service après une interruption acceptée : restauration, remontée des VM, bascule.
RTO — Recovery Time ObjectiveDurée maximale d'indisponibilité tolérée. « Combien de temps peut-on rester à l'arrêt ? »
RPO — Recovery Point ObjectiveVolume de données maximal que l'on accepte de perdre, exprimé en temps. « Jusqu'à quand peut-on remonter ? »

Ces valeurs se fixent par service, en fonction de l'enjeu métier. Exemple de dimensionnement pour un studio de jeu vidéo :

ServiceRTORPOJustification
Site web public (marketing)24 h24 hContenu statique, faible impact financier immédiat
Base de comptes joueurs1 à 4 h15 minService en production, données personnelles, impact direct sur les utilisateurs
Sources du jeu8 h1 hPerte = travail des développeurs à refaire ; sauvegarde couplée au dépôt Git

Un RPO de 15 minutes impose des sauvegardes ou une réplication toutes les 15 minutes : ce n'est pas un souhait, c'est une contrainte de conception qui a un coût.

2. La règle 3-2-1

Une sauvegarde locale sur le serveur lui-même ne protège de rien face à un ransomware : le malware chiffre aussi le dossier de sauvegarde, puisqu'il est monté et accessible depuis la machine compromise. Idem pour un partage réseau monté en permanence avec des droits d'écriture.

Variante moderne : la règle 3-2-1-1-0 — dont 1 copie immuable ou hors-ligne, et 0 erreur lors du test de restauration.

3. La sauvegarde immuable

Sauvegarde qui, une fois écrite, ne peut plus être modifiée ni supprimée avant l'expiration d'une durée de rétention définie — y compris par un administrateur. Elle s'appuie sur des mécanismes de type WORM (Write Once Read Many) ou object lock.

C'est la parade aux ransomwares modernes, qui cherchent d'abord à détruire ou chiffrer les sauvegardes avant de s'attaquer à la production, précisément pour interdire la restauration et forcer le paiement.

Bonnes pratiques complémentaires :

4. Preuves numériques et forensic

Après un incident, l'objectif est de reconstituer la chronologie de l'attaque et de conserver des éléments recevables en justice.

Sources typiques d'une reconstitution : access.log d'Apache (URL suspectes, codes de retour), auth.log (tentatives SSH, connexions réussies), journaux MySQL (requêtes anormales, volumétrie d'export). Le rendu attendu est un tableau : date, heure, action, IP source, cible, impact DIC.