Authentification et habilitations
Sommaire
Bloc B3.3 — s'assurer que seules les personnes autorisées accèdent aux ressources du SI, et qu'elles n'y font que ce pour quoi elles sont habilitées.
1. Deux notions à ne pas confondre
- L'authentification vérifie que la personne qui tente de se connecter est bien celle qu'elle prétend être. Cas classique : saisie d'un identifiant (login) et d'un mot de passe.
- L'habilitation (ou autorisation) gère les droits et privilèges accordés à cette personne une fois authentifiée.
On peut être parfaitement authentifié et n'avoir aucun droit sur une ressource : ce sont deux étapes distinctes, dans cet ordre. À cela s'ajoute l'identification (déclarer qui l'on est) qui précède les deux.
2. Les facteurs d'authentification
| Facteur | Principe | Exemples |
|---|---|---|
| Ce que je sais | Connaissance | Mot de passe, code PIN, question secrète |
| Ce que je possède | Possession | Téléphone (TOTP), carte à puce, clé FIDO2 / YubiKey, clé SSH |
| Ce que je suis | Inhérence | Empreinte digitale, reconnaissance faciale |
L'authentification multifacteur (MFA / 2FA) combine au moins deux facteurs de catégories différentes. Deux mots de passe ne constituent pas une 2FA.
3. Modèles de contrôle d'accès
| Modèle | Fonctionnement | Avantages | Limites |
|---|---|---|---|
| DAC (Discretionary Access Control) |
Le propriétaire de la ressource décide lui-même qui y accède. | Flexible, rapide à mettre en place pour de petits groupes. | Difficile à auditer ; propagation de droits non maîtrisée. |
| RBAC (Role-Based Access Control) |
On définit des rôles (ensembles de privilèges) puis on affecte les utilisateurs à ces rôles. | Centralisé, maintenable à grande échelle, conforme aux normes. | Demande un design initial rigoureux ; évolution des rôles à suivre. |
| MAC (Mandatory Access Control) |
Les droits découlent d'une politique centrale et de niveaux de sensibilité, non modifiables par l'utilisateur. | Très strict, adapté aux environnements sensibles (défense). | Rigide et lourd à administrer. |
| ABAC (Attribute-Based Access Control) |
La décision dépend d'attributs contextuels (heure, localisation, poste, niveau de risque). | Très granulaire, adapté au Zero Trust. | Complexité des règles et de leur test. |
En entreprise, la réponse attendue est presque toujours RBAC : on crée des groupes Active Directory correspondant aux fonctions (compta, RH, support) et on y place les comptes, plutôt que d'attribuer des droits utilisateur par utilisateur.
4. Le principe du moindre privilège
Chaque compte, service ou processus ne dispose que des droits strictement nécessaires à sa fonction, et rien de plus. Deux conséquences pratiques :
- Approche whitelist : tout interdire par défaut, puis autoriser au cas par cas. L'inverse (blacklist) laisse forcément passer ce qu'on a oublié d'interdire.
- Comptes de service dédiés : un compte de sauvegarde n'a besoin que de
SELECT,LOCK TABLESetSHOW VIEW, pas deroot. Si ce compte fuite, l'attaquant ne peut ni écrire ni supprimer. - Comptes d'administration séparés du compte quotidien, et jamais utilisés pour lire ses mails.
5. Politique de mots de passe
Paramètres typiques d'une stratégie de mot de passe (GPO Active Directory, Stratégies de compte > Stratégie de mot de passe) :
- Longueur minimale : 12 caractères
- Exigences de complexité : activées
- Durée de vie maximale : 90 jours
- Historique conservé : 32 mots de passe (empêche la réutilisation immédiate)
- Verrouillage du compte après N tentatives échouées
Les recommandations récentes de l'ANSSI privilégient la longueur et l'ajout d'une
MFA plutôt que l'expiration forcée, qui pousse les utilisateurs vers des variantes prévisibles
(Motdepasse01!, Motdepasse02!…).