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Éléments physiques du réseau local

Sommaire

Les éléments matériels d'un réseau local, leurs caractéristiques et leur interconnexion. Beaucoup de vocabulaire à maîtriser pour l'épreuve.

1. Qualifier une communication

Toute communication nécessite un émetteur, un récepteur et un média (support de transmission). Par analogie avec deux personnes qui discutent, la carte réseau joue le rôle de la bouche et des oreilles.

Le modèle de Shannon résume la chose : un émetteur, grâce à un codage, envoie un message à un récepteur qui effectue le décodage, dans un contexte perturbé de bruit.

Entre deux personnesEntre deux éléments du réseau
Bruit environnantInterférences électromagnétiques (moteurs, éclairages fluorescents, ondes radio)
Personnes éloignéesAffaiblissement du signal sur la distance → répéteur nécessaire
Une des personnes est sourdeCarte réseau ou port défaillant
Elles ne parlent pas la même langueProtocoles ou codages incompatibles
L'émetteur parle trop viteDébits non négociés, saturation du récepteur

2. Bande passante et débit

Piège d'unité : un octet vaut 8 bits, et son abréviation est un « o » minuscule. 1 Mo/s équivaut donc à 8 Mbit/s. Une offre annoncée à 100 Mbit/s permet au mieux 12,5 Mo/s.

Dans un réseau à segments multiples, le débit ne peut pas dépasser celui de la liaison la plus lente du chemin. Un câble gigabit branché sur une carte à 100 Mbit/s plafonne à 100 Mbit/s.

3. Signaux et codage

Signal analogiqueSignal numérique
VariationContinue dans le tempsDiscrète : succession de 0 et de 1
FréquenceNombre d'oscillations par seconde (Hz)Nombre de symboles par seconde
ExempleRadio, téléphonie historique, ADSLEthernet, fibre, tout l'informatique

Le numérique l'a emporté : voix, vidéo et données sont converties en flux de bits, ce qui permet de tout transporter sur un même canal, de le compresser et de le régénérer sans perte. Le terme « bande passante » sous-entend aujourd'hui « bande passante numérique ».

4. Modes de transmission

ModePrincipeExemple
Unidirectionnel (simplex)Transmission dans un seul sensSignal d'une station de télévision vers un téléviseur
Bidirectionnel non simultané (half-duplex)Les deux sens, mais pas en même tempsRadios de la police et des services d'urgence
Bidirectionnel simultané (full-duplex)Les deux sens à la foisTéléphone, communication entre deux PC

La bande passante se mesure dans un seul sens : un lien 100 Mbit/s full-duplex offre bien 100 Mbit/s, pas 200. Le full-duplex améliore les performances parce qu'émission et réception ne se gênent plus.

5. La carte réseau

6. Le cuivre : paires torsadées

Une paire torsadée est formée de deux fils de cuivre enroulés en hélice. Le signal est transmis simultanément sous deux formes : tel quel sur un fil, inversé sur l'autre. Cette configuration annule les signaux extérieurs et réduit la diaphonie (interférence entre paires voisines).

Plus il y a de torsades, moins il y a de diaphonie. Les concepteurs utilisent d'ailleurs un nombre de torsades différent pour chaque paire d'un même câble, pour renforcer cet effet d'annulation.

SigleNotation officielleBlindage
UTPU/UTPAucun blindage — environnements sans risque de parasites
FTPF/UTPFeuillard aluminium autour de l'ensemble des paires ; le plus répandu
STPU/FTPChaque paire entourée d'une feuille d'aluminium
FFTPF/FTPChaque paire blindée, plus un feuillard général
SFTPSF/UTPDouble blindage général (feuille + tresse), paires non blindées
SSTPS/FTPBlindage par paire, plus une tresse métallique globale

Lecture de la notation : le code avant le slash désigne le blindage du câble, celui après le blindage des paires individuelles. U = non blindé, F = feuillard, S = tresse, TP = paires torsadées.

Les câbles blindés protègent mieux mais coûtent plus cher, sont plus épais, plus difficiles à poser et exigent une mise à la terre. Ils ne se justifient qu'en environnement perturbé ou pour viser de très hauts débits.

Catégories de câble

Catégorie / classeFréquenceDébit sur 100 m
Cat 316 MHz10 Mbit/s — téléphonie, obsolète en informatique
Cat 5100 MHz100 Mbit/s
Cat 5e / classe D155 MHz1 Gbit/s — minimum acceptable aujourd'hui
Cat 6 / classe E250 MHz1 Gbit/s, jusqu'à 10 Gbit/s sur distance réduite — norme des entreprises
Cat 6a / classe Ea500 MHz10 Gbit/s sur 100 m
Cat 7 / classe F600 à 1200 MHz40 à 100 Gbit/s ; connecteur GG45 différent

Les 100 m de référence correspondent à 90 m de câble et deux cordons de brassage de 5 m. Plus la fréquence est élevée, plus la bande passante potentielle est grande — mais le débit dépend aussi des techniques de codage, qui permettent de coder plusieurs bits sur une même fréquence.

7. Normes et schémas de câblage

Les normes TIA/EIA-568A et 568B définissent le brochage, les types et longueurs de câbles, les connecteurs et les méthodes de test. En Europe, T568B est la plus répandue. L'essentiel : câbler les deux extrémités de la même manière.

Un média filaire dispose d'un canal d'émission (TX) et d'un canal de réception (RX). Sur 4 paires, 2 seulement sont utilisées dans la majorité des cas. Le commutateur effectue le croisement électronique : ce qu'il reçoit sur la paire TX, il l'envoie sur la paire RX du câble du destinataire.

Type de câbleBrochageUsage
DroitLes deux extrémités identiquesPoste vers commutateur, commutateur vers routeur — le cas le plus fréquent en LAN
CroiséPaires orange et verte inversées : TX d'un côté sur RX de l'autreDeux équipements de même nature : PC vers PC, ancien switch vers ancien switch, routeur vers routeur

Les ports des commutateurs modernes sont auto-MDI/MDI-X : ils détectent et croisent automatiquement, ce qui rend le câble croisé rarement nécessaire aujourd'hui.

Après installation, un contrôleur de câble (type Fluke) vérifie le schéma de câblage, la longueur, l'atténuation et les interférences.

8. La fibre optique

Un fil de verre (silice) très pur, flexible, à peine plus épais qu'un cheveu. Les bits sont codés sous forme d'impulsions lumineuses. Chaque circuit comporte deux fibres : une pour émettre, une pour recevoir.

MonomodeMultimode
DistanceVariable, plus de 100 km (fibre sous-marine)Jusqu'à 2 km
Bande passante10 à 100 Gbit/sJusqu'à 10 Gbit/s sur 550 m
CoûtPlus élevéMoins cher

Quatre domaines d'application : réseaux d'entreprise (câblage fédérateur, liaison entre bâtiments, environnement perturbé), FTTH, réseaux longue distance des opérateurs, câbles sous-marins.

Inconvénients en réseau local : coût du matériel et des cartes, fragilité, soudures et connectique délicates (les connecteurs sont variés, contrairement au RJ45), main-d'œuvre spécialisée.

9. Le sans-fil

Les supports sans fil transportent les bits via des radiofréquences. Les bandes sans licence utilisées sont 900 MHz, 2,4 GHz et 5 GHz. Les variations de courant dans l'antenne créent des ondes qui se propagent en ligne droite, s'atténuent, mais traversent murs et obstacles. À l'arrivée, l'antenne réceptrice regénère un signal électrique faible que le récepteur amplifie.

NormeBandeDébit théorique
802.11g2,4 GHz54 Mbit/s
802.11n2,4 / 5 GHz600 Mbit/s
802.11ac5 GHzplusieurs Gbit/s
802.11ad60 GHz7 Gbit/s

10. Commutateurs et points d'accès

Le commutateur

Interconnexion de plusieurs commutateurs :

Les éléments d'interconnexion sont les points névralgiques du réseau : ils concentrent à la fois le risque de performance (goulot d'étranglement) et le risque de sécurité (un commutateur compromis voit passer tout le trafic).

Le point d'accès

Il établit le circuit entre les postes sans fil et le reste du réseau. Il est lui-même relié en filaire à un commutateur. Composition minimale : un boîtier radio émetteur / récepteur, une antenne, une connexion filaire. Il gère les identifiants logiques SSID auxquels se connectent les stations.

Les box et points d'accès grand public intègrent en un seul boîtier les fonctions de routeur, de commutateur et de point d'accès — ce qui explique la confusion fréquente entre ces trois rôles.