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Pare-feu, DMZ et filtrage

Sommaire

TP Cyber-Rescue, partie orientée SISR : segmenter le réseau, contrôler les connexions et sécuriser l'administration avec pfSense.

1. Pourquoi segmenter

Un réseau à plat signifie qu'un poste utilisateur compromis peut atteindre directement les serveurs, les interfaces d'administration et la base de données. La segmentation limite la propagation latérale : l'attaquant doit franchir un pare-feu à chaque étape, et chaque franchissement est journalisé.

Découpage typique sur un pfSense à quatre interfaces :

InterfaceContenuExposition
WANLien vers l'extérieurNon maîtrisé
DMZServeur web publicJoignable depuis Internet, en HTTP/HTTPS uniquement
LANPostes utilisateurs, administrationJamais joignable depuis Internet
LAN BDDServeur de base de donnéesJoignable uniquement depuis le serveur web, sur le port applicatif

2. La DMZ

La zone démilitarisée est un réseau intermédiaire qui héberge les services exposés à Internet. Elle est isolée du LAN par des règles strictes : si le serveur web est compromis, l'attaquant se retrouve dans la DMZ, pas dans le réseau interne.

C'est pour cela que la base de données ne doit jamais être directement accessible depuis Internet :

Le serveur web joue donc le rôle de seul intermédiaire autorisé entre l'extérieur et les données.

3. Écrire des règles de filtrage

Exemple de jeu de règles cohérent, avec la justification attendue pour chacune :

#InterfaceSourceDestinationPortActionJustification
1WANanyIP web (DMZ)80, 443PASSSite public accessible
2DMZIP webLAN BDD3306PASSAccès MySQL contrôlé, source unique
3DMZDMZLANanyBLOCKMoindre privilège : la DMZ ne remonte pas vers l'interne
4LANLANDMZanyPASSAdministration descendante
5WANanyLANanyBLOCKLe LAN n'est jamais exposé
6LANLANWAN80, 443, 53PASSMises à jour et résolution DNS

L'ordre compte : pfSense évalue les règles de haut en bas et applique la première qui correspond. Une règle BLOCK trop haute rend inutiles toutes les règles PASS qui la suivent.

Le principe du moindre privilège appliqué au filtrage

Chaque flux n'est autorisé que s'il est nécessaire, depuis la source strictement nécessaire, vers la destination strictement nécessaire, sur le port strictement nécessaire.

On préfère l'approche whitelist (tout interdire, puis autoriser au cas par cas) à la blacklist : avec une blacklist, tout ce qu'on a oublié d'interdire passe, et la liste doit être mise à jour à chaque nouvelle menace. Avec une whitelist, l'oubli produit un blocage — un incident visible et corrigeable, pas une brèche silencieuse.

4. NAT et 802.1X

NAT / port forwarding : le serveur web en DMZ possède une adresse privée. Une règle de redirection de port sur l'interface WAN traduit l'adresse publique vers l'adresse privée pour les ports 80 et 443. Sur pfSense, la création d'une règle NAT propose automatiquement la règle de filtrage associée — les deux sont nécessaires.

802.1X : norme d'authentification au niveau de l'accès réseau (port du commutateur ou Wi-Fi). Avant d'obtenir la moindre adresse IP, le poste doit s'authentifier auprès d'un serveur RADIUS, généralement adossé à l'annuaire.